Histoire de la brasserie :20 juin 1897 : La naissanceFondation de la « Société Anonyme de la Grande Brasserie de la Moselle de Champigneulles-Nancy » par MM. Antoine Trampitsch et Victor Hinzelin, dont les familles respectives ont assuré la direction de l'entreprise jusqu'à la prise de contrôle par BSN en janvier 1970. En 1909, en hommage à son lieu de création, la société devient la Grande Brasserie de Champigneulles.Antoine TRAMPITSCH, parcours de la Slovénie à Champigneulles... Antoine Trampitsch voit le jour le 4 avril 1860 très loin de Champigneulles, aux confins de la Slovénie. Son père s'est marié à 37 ans, ce qui ne l'empêche pas de se trouver à la tête d'une famille de quatorze enfants. Les plus âgés ont suivi des études supérieures, les plus jeunes, dont Antoine, se sont contentés de l'école du village de Kotmaravas. La scolarité d'Antoine s'achève à 13 ans quand son père le réquisitionne pour les travaux agricoles. L'adolescent veut échapper à l'avenir qu'on lui prépare. Il se voit artisan, « tonnelier, menuisier, forgeron ou autre... » Son père est hostile à cette idée. Mais il parviendra à l'imposer. Le 2 février 1877, il ne se rend pas à la messe et rencontre à l'insu de ses parents le brasseur de la localité qui l'engage comme apprenti. Les réticences du père cèdent sous la persévérance du fils. Antoine Trampitsch s'est engagé dans une voie qu'il ne quittera pas. A la mort de son père, il rejoint l'école de la brasserie de Vienne, où il est accepté de justesse. La première année, il frôle le renvoi pour finir deuxième de sa promotion. Il travaille dans plusieurs brasseries du pays avant de choisir l'étranger. « Je pars, le monde est à moi » lance-t-il à sa mère au moment de son départ. Il pense à Londres mais en chemin, il est détourné de son objectif par trois jeunes brasseurs qui l'encouragent à les suivre à Luntterbach, près de Mulhouse. De brasseries en brasseries, Antoine Trampitsch perfectionne sa technique et peaufine ses ambitions. En 1897, dans un café de Châlons-sur-Marne, alors qu'il pense à fonder sa propre affaire, un architecte lui parle d'un terrain disponible à Champigneulles, près de Nancy, propriété de Victor Hinzelin, directeur du journal L'lmpartial de l'Est. Le terrain est acheté, mais le montage financier d'un million de francs est laborieux. Finalement la société « La brasserie de Champigneulles » voit le jour. Antoine Trampitsch est nommé président du conseil d'administration. Il devient le patron incontestable de cette jeune entreprise. C'est lui qui pose la première pierre, le 20 juin 1897. 1912, l’optique industrielle La brasserie de Champigneulles est bâtie d'emblée dans une optique industrielle. Elle se laisse de l'espace là où les brasseries traditionnelles s'enferment dans les centres villes. Le coup de génie des fondateurs est d'avoir prévu le chemin de fer comme moyen de livraison. La réussite est fulgurante. L’essentiel de la production est livré en fûts de 200 litres à des débitants ou à des embouteilleurs qui assurent la distribution. De 25 000 hectolitres en 1898, la production passe à 210 000 hectolitres en 1913, chiffre alors jamais atteint en France.1924, l'année du BeausoleilL'entreprise est prospère. Une deuxième malterie est construite de même qu'est créée la cité ouvrière du « Beausoleil » destinée à l'hébergement du même personnel. Cette année voit aussi l'apparition d'un débit de boisson qui permet de servir au public « une bière maison » fraîchement produite. La Brasserie en état de guerre Lors de la première guerre mondiale, la Brasserie alimente les fronts de la Marne et de Verdun. Lors de cette période, la direction commande en Suisse un important matériel de production livré en 1918, qui permet à Champigneulles de réalimenter sa clientèle dès l’arrêt des hostilités, alors que les concurrents sont en pleine réorganisation. La guerre de 39-45 sera, par contre, une période très difficile pour l’entreprise. Le rationnement en orge l’oblige à produire une bière de 1 à 2 degrés. En 1939, l’armée française réquisitionne une partie des 140 camions et des chevaux utilisés par la livraison. Puis c’est au tour de l’armée allemande, confrontée à la pénurie des carburants de vouloir prendre les chevaux qui restaient. Les salariés de la Brasserie prirent d’énormes risques pour les conserver. N’hésitant pas à les cacher dans les caves malgré la menace de l’armée allemande de fusiller autant d’ouvriers que de chevaux dissimulés. Mais jusqu’au bout, on leur montrait « la Philippe », une vieille jument fatiguée de 20 ans, qui finit quand même par être réquisitionnée. 1945-1949, René Hinzelin l'investisseur![]() René Hinzelin, petit-fils d'un des fondateurs engage la société dans une série d'investissements pour donner une dimension nationale à l'entreprise, afin d'exister sur un marché en pleine mutation. Il s'engage dans une politique d'extension, consistant à saisir toutes les occasions pour absorber ou contrôler d'autres brasseries. Une politique qui poursuit deux objectifs : se ménager des parts de production et neutraliser les concurrents. René Hinzelin amorce une longue série d'absorptions. 1950, l’avènement de la bouteilleLes résultats financiers sont en baisse. L’année 1950 est consacrée à rechercher les causes du mal. Des études de marché en France et à l'étranger mettent en évidence le goût grandissant du public pour les bières en bouteilles au détriment de celles en fûts. La production est réorientée. La proportion fûts-bouteilles est inversée en comparaison avec l'entre deux guerres : 25 % en fûts, 75 % en bouteilles ; dans les cafés de partout fleurissent en petites bouteilles, les produits de la Brasserie Lorraine : Nectar, Silva, Bière du Cinquantenaire que complétera la Grande Blonde. 1959, sodas et Limonades
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